Je dédie ce témoignage à Yvan, dont j'ai été la compagne pendant vingt-trois ans, et à Chandra Swâmi, que certains d'entre vous ont rencontré la semaine dernière*, et qui m'a donné sa bénédiction pour être ici aujourd'hui.

Mon chemin personnel m'a amenée en Inde parce que j'aimais Yvan et qu'il n'envisageait pas de partager sa vie avec une femme qui ne suivrait pas le même maître que lui. ÏÏ a donc voulu me tester en m'emmenant. Et vu notre parcours, il semble que le test ait été positif ! Au début, je l'ai imité en tout. Je n'avais pas le choix : je ne connaissais rien de l'Inde ni de la spiritualité, mais je ressentais l'évidence de ce mystère, d'une vérité qui nous dépasse.

Nous sommes restés six mois en Inde. Swâmiji m'a tout de suite acceptée comme disciple et m'a initiera la pratique du japa, qui consiste en la répétition d'un mantra. J'ai vécu très intensément cette pratique. De retour en France, j'avais l'impression d'en avoir pris pour soixante ans, tellement c'était intense et dense. Cette sadhana ne finit jamais. Nos limites sont continuellement repoussées à de nouvelles limites. Les oui sont toujours de nouveaux oui ; les non font aussi partie du chemin.

La maladie d'Yvan n'a pas toujours été facile à côtoyer pour moi. Mais c'est une grande leçon d'apprendre à offrir, à accompagner, à servir. Pas toujours impeccablement, bien sûr ! Je n'ai pas toujours été impeccable. Parfois, je vous jure, c'était dur. Quand, tous les matins, vous devez laver le corps décharné de l'homme que vous aimez, pour ne pas le laisser faire à une infirmière... J'étais fière, en plus ! D faut apprendre à lâcher la fierté et la répulsion, pour arriver à donner des soins avec respect, je ne dis pas avec plaisir mais au moins avec respect. Nous ne sommes pas toujours suffisamment respectueux les uns envers les autres. Comme nous ne le sommes pas envers nous-mêmes...

La maladie est un maître, pas seulement pour le malade, mais aussi pour celui qui l'accompagne. Elle fait partie de la vie et, par le biais de l'effort, du travail, elle nous permet de nous réconcilier avec nous-mêmes, de voir que nos faiblesses et nos vulnérabilités sont des situations de la vie ; que nous pouvons partager ce que nous vivons les uns les autres, sans en avoir honte. L'important, c'est d'oser parler, d'oser demander, oser demander de l'aide, oser demander le soutien des autres : nous ne pouvons avancer que les uns avec les autres, car nous sommes tous reliés. J'ai mis beaucoup de temps à m'en rendre compte. Je me suis aussi gâché l'existence pendant longtemps. Je n'ai pas été épargnée, ni dans mon couple, ni avec mes enfants. Yvan était un être exceptionnel, mais c'était un homme aussi, avec ses faiblesses. Et mes enfants étaient aussi des enfants avec leur adolescence, qui ne fut pas simple.

J'ai aussi découvert à quel point mes peurs et mes doutes étaient mes alliés : les regarder, c'était me permettre de grandir. Depuis quatre ans, à peu près tous les jours, je me dis : « Après tout ce que tu as fait, tu en es encore là ! » Oui ! IJ y a toujours un moment dans la journée qui me montre combien j'ai encore à grandir, combien j'ai encore à nourrir mon humilité, pour pouvoir occuper ma place ni plus ni moins. Bien souvent, on s'octroie la place d'un autre, pas la sienne ; et cela gâche notre vie. En apprenant peu à peu à occuper ma place, j'ai appris à m'aimer. J'ai commencé à prendre conscience de moi, à me respecter, à savoir dire non ou : « Maintenant, il faut que je m'arrête ». J'ai pris la peine d'écouter davantage, avec mon cœur, pour donner la place à l'autre, à la situation, au moment qui est à vivre.

Cela fait trente ans que j'ai effectué mon premier pas sur cette voie, trente ans pour pouvoir vous dire aujourd'hui que le jour où vous mettez le pied sur ce chemin, quelque chose ne vous quittera jamais. Chandra Swâmi lui-même, il y a trois ans, nous a fait la confidence que sa sadhana n'était jamais finie. Bien souvent, nous nous rendons compte que nous manquons beaucoup de bienveillance et de gentillesse les uns pour les autres. Nous essayons si souvent de tirer la couverture à nous, de tricher malgré nous, parce que ce n'est pas facile d'être continuellement dans la présence de l'instant, de ce qui nous est demandé.

Je peux vous dire que je n'ai pas du tout été assidue dans la pratique japa que Chandra Swâmi m'avait demandée. Dans notre quotidien, il y a continuellement des choses que nous ne faisons pas parce que nous sommes dérangés. Un jour, j'ai pris conscience que si je n'assumais pas cette assiduité, certaines résistances ne lâcheraient pas. Et donc, j'ai essayé de rentrer dans la régularité, la constance ; j'ai essayé de montrer plus de bienveillance autour de moi, d'écouter ce que l'autre attendait. Pour cela, l'école de la maladie a été géniale ! Bon, je ne le souhaite pas à tout le monde non plus, parce qu'on vit aussi beaucoup de frustrations qui d'ailleurs, elles aussi, font partie du chemin.

En tant que femme, comme beaucoup d'entre vous, j'ai vécu de nombreuses frustrations. Et c'est aussi ce dérangement qui m'a permis de me réconcilier avec ces situations de la vie que, nous, les femmes, nous sommes toutes amenées à vivre avec les hommes, avec d'autres femmes, dans nos jalousies, dans nos comparaisons... Pouvoir pacifier ses relations avec les femmes, se dire qu'on n'est pas forcément l'unique, qu'il peut y en avoir d'autres... Pendant longtemps, ça vous reste en travers de la gorge ! Et puis, à un moment donné, vous vous dites : « Toi, tu as certaines qualités, tu ne peux pas les avoir toutes ! » Vous rendez à chacune et à chacun le droit d'avoir des qualités qu'éventuellement vous n'avez pas vous-mêmes.

Avec Yvan, on avait décidé de poursuivre le chemin ensemble, d'aller au bout, de grandir et de vivre cette relation consciente avec tout ce que cela impliquait. Quand nous rentrons en relation consciente, c'est d'abord avec nous-mêmes, pour voir nos mécanismes et nos conflits, pour voir ce que nous voulons vraiment, pour prendre conscience du temps qu'il nous faut pour pouvoir avancer. A ce moment-là, nous pouvons entrer en relation avec l'autre : nous développons de la générosité vis-à-vis de l'autre parce que nous en avons développé avec nous. Ayant fait la paix avec nous-mêmes, nous pouvons pacifier nos relations avec les autres, vivre dans une plus grande harmonie. Sans être parfait ! Nous faisons des erreurs, bien sûr. Mais on peut vivre mieux avec ces erreurs, et faire en sorte que les autres en subissent de moins en moins les conséquences. On peut vivre en essayant de mieux s'aimer pour mieux aimer.

Commencer par notre entourage - ce n'est pas facile ! La pacification avec ma mère vient juste de commencer, il y a trois ans. J'ai cinquante ans. Le jour où j'ai réalisé que j'étais le miroir d'un bonheur qu'elle refusait pour elle-même, je suis allée la prendre dans mes bras avec beaucoup de tendresse et je lui ai dit que je savais qu'elle n'avait pas été heureuse dans sa vie, mais que je lui demandais de m'autoriser à l'être. Ce fut comme un miracle. Pour moi, d'abord. Pour elle ensuite, parce qu'elle est plus heureuse maintenant. Et pour ma sœur enfin.

Nous n'avons pas pleinement conscience du temps nécessaire pour mûrir, grandir, changer. Je disais hier à un ami : « Cela fait vingt-neuf ans que je pratique la méditation. J'ai l'impression de ne vivre l'état de méditant que depuis quelques mois. » Tout ce temps, je m'asseyais, j'essayais de mettre en pratique tout ce que j'entendais, et j'avais l'impression que rien ne se passait. Cela prend beaucoup de temps. Oh, bien sûr, ce n'est pas le même temps pour tout le monde ! Certains sont plus rapides ou ont plus de chance... On ne doit pas culpabiliser d'aller si lentement. En prendre conscience nous rend plus humble, plus indulgent avec le rythme des autres, nous permet de ne plus émettre de jugements comme : « Ah, il serait temps qu'il change, celui-là ! » De quel droit ?

Mes enfants ont été à cet égard une grande leçon pour moi, et le sont toujours. Us me rappellent continuellement d'où je viens. Je dois les accompagner là où ils sont, à l'âge qu'ils ont, et ne pas vouloir qu'ils aient, à vingt-cinq ans, la maturité que j'ai peu à peu acquise. De quel droit peut-on leur demander d'être comme nous avons envie qu'ils soient ? Est-ce cela, l'amour ? Pourquoi n'avons-nous pas assez confiance en ce que nous leur transmettons ? Ma fille avait le rêve de faire sa terminale au lycée français à Pondichéry. Bien des gens autour de nous nous disaient : «Vous la laissez toute seule là-bas, mais... Vous ne vous rendez pas compte, mais... » Nous, nous répondions : « C'est nous qui l'avons élevée, nous savons ce qu'il y a au fond d'elle. Si nous ne faisons pas confiance à ce que nous avons donné, à l'exemple que nous avons été pour nos enfants, comment peuvent-ils trouver leur chemin ? »

J'ai dit à mon maître, il y a quelques jours, que la mort d'Yvan avait été un cadeau pour moi. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée face à moi-même. Ma vie a basculé, je devenais mon propre miroir. Très rapidement -je dirais même dans l'heure qui a suivi je me suis rendu compte que la vie « traçait » ! Et que si, moi, je m'arrêtais sur le bord, elle, elle ne s'arrêterait pas ! C'est un choix que nous devons faire : essayer vraiment de profiter de tous les instants qui nous sont donnés, rester vivant. Rester vivant est une preuve de respect pour celui qui part.

Quand vous fermez une boîte et que vous savez que c'est pour toujours, que plus jamais vous n'allez toucher ni être touchée, plus jamais vous n'allez entendre la voix, vous prenez conscience de l'importance de ce compagnon qu'est votre corps. Vous prenez conscience de l'impermanence et vous lâchez, et vous vous ouvrez à ce qui bascule à l'intérieur de vous. Et ce cadeau, ce passage, je l'ai vécu dans la joie comme un moment d'initiation. Bien sûr, il y avait de la tristesse, je suis une femme, je perdais mon mari, le père de mes enfants, mais ce qui nous unissait prenait corps à l'intérieur de moi et allait devenir vivant ; j'allais vivifier notre travail.

Cela a pris du temps. Au début, j'ai dû dérouter pas mal de gens de mon entourage : j'avais décidé que la spiritualité, c'était terminé, et que j'avais besoin de vivre dans le monde, qui avait encore beaucoup d'attraits pour moi. Je m'étais dit qu'il fallait que j'en profite, que je m'étais trop privée jusque-là. J'ai goûté aux désirs que je croyais nécessaire pour moi d'assouvir. Et c'est important de s'autoriser à nourrir ses désirs, à avoir du plaisir, à profiter de la vie, à profiter de ce que ce monde nous offre. JJ y a des gens qui font des belles choses, il y a des gens qui font des bonnes choses. Pourquoi ne pas aussi nous nourrir de cela ? Et que cela passe par notre corps. Parce que, si la relation consciente existe, c'est parce que nous sommes un corps de relation. Nous sommes faits pour la relation ; nous sommes faits pour goûter l'air, pour goûter les saveurs, pour goûter les parfums, pour toucher, pour nous caresser, pour nous exercer, pour pratiquer, pour marcher... Si nous avons un corps, c'est que ça doit passer par notre corps ! Nous devons nous autoriser à faire vivre, à laisser vivre ce corps, et le cœur aussi.

Puis le chemin m'a rattrapée. On ne peut pas quitter le chemin. Mais maintenant, j'en ai peut-être une conception plus vaste. J'établis moins de séparations, moins de cloisonnements. Je vois du sens, de la beauté, de la spiritualité là où je n'en voyais pas auparavant. Je suis de plus en plus touchée de voir le possible de l'être chez l'homme, la femme, de voir tous les chemins qui mènent à cet être, toutes les différentes expressions que l'homme met en place, que l'homme crée ! Maintenant, je m'arrête parfois devant des œuvres d'art qu'autrefois j'aurais trouvées sans intérêt et je m'émerveille. Mes amis me disent : « Mais comment peux-tu apprécier ça ?» Je réponds : « Quelqu'un y a pensé ! C'est sa création ! Il l'a fait, c'est possible ! C'est sa démarche à lui pour aller vers son~ "'"être!»""

J'ai compris qu'il y avait de la « spiritualité », du bon sens, de l'amour chez tout le monde ! Mais pas de la même façon ! JJ faut oser sortir des chemins battus, oser aller chez les autres, oser aller vers des gens qui a priori ne s’intéresse pas du tout à la même chose que vous. Ces dernières années, en fréquentant des gens que je n'avais vraiment pas l'habitude de fréquenter, j'ai pris conscience de combien ils m'aidaient à devenir plus humble. J'ai trouvé des enseignements et des personnes qui pouvaient m'enrichir là où je m'y attendais le moins. Un ami, il y a deux ans, m'a emmenée à une course de motos -je n'étais plus allée à une course de motos depuis que j'avais dix-huit ans ! - et ça m'a intéressée. J'étais avec les coureurs, au cœur de l'action, et c'était sympathique. Mais, a priori, tout cela n'avait pas beaucoup de sens, j'avais plutôt l'impression qu'ils cherchaient tous à se suicider ! J'observais un des coureurs, dans le box où j'étais, et je me disais : « Celui-là, c'est sûr, il est allé en Inde ». Or, cela me paraissait incompatible que la même personne puisse faire des courses de moto et poursuivre une recherche spirituelle. On est rempli d'idées toutes faites ! A un moment donné, je voyais qu'il cherchait quelque chose et je suis allée le voir pour lui demander ce dont il avait besoin. JJ m'a répondu : « Je cherche du thé. » J'ai dit « Ah bon ! Je vais voir si je peux vous en trouver. » Ça me paraissait une denrée rare sur ce lieu ! Je suis revenue au bout d'un certain temps, je lui ai dit : « Je n'en ai pas trouvé, je suis désolée. » II m'ajuste répondu : « Ce n'est pas grave. » L'après-midi se passe. Le soir, je me retrouve dans un restaurant et ce monsieur est assis à côté de moi. D'un seul coup, il me regarde et me dit : « Mon gourou habite en dessous d'Hardwar. » Surprise. L'ami qui m'avait emmenée me fait la remarque : « Tu vas les dénicher toujours, partout, comme ça ?» D'un seul coup, la conversation autour de la table s'est transformée : on a parlé de l'Inde, du Dalaï Lama, de la spiritualité... et de motos.

Il y a des gens qui sont malades et on pense que c'est de leur corps qu'ils doivent guérir : pas forcément ! fl y des gens qui sont malades, parce qu'ils ont besoin aussi de guérir dans leur cœur, d'ouvrir leur cœur. JJ y a deux ans, je suis allée en Chine et j'ai rencontré une femme qui avait eu un parcours terrible. Elle était pleine de cancers : elle portait une poche sur son ventre, elle avait un faux anus... Je ne sais pas si vous imaginez ! Elle venait de Toronto où elle avait vu à la télévision un film sur les maîtres du CM Kong. Elle en avait repéré un dont elle s'était dit qu'il pourrait la guérir. Elle avait fait toutes les démarches possibles pour le retrouver et la vie a fait que nos chemins se sont croisés auprès de cet homme, qui lui a dit : « En une semaine, je ne peux rien pour vous. Mais si vous restez trois semaines, je peux vous soulager. » La femme lui a répondu : « Je ne peux pas voyager seule. » D'un seul coup, le petit groupe qui était là a dit : « Eh bien, nous allons prendre soin de toi. » Chacun d'entre nous ne la connaissait que depuis la veille. Cette femme est restée trois semaines en Chine, à recevoir des soins intensifs. A la fin, personne ne lui a rien demandé, pas un centime, rien !

J'ai découvert, au fur et à mesure que je parlais avec cette femme, différents signes qui établissaient un lien particulier avec elle : elle était née le dix-huit juin, elle était juive, elle était Russe, elle avait dû fuir et émigrer continuellement dans sa vie, d'un pays à l'autre, pour terminer ses jours au Canada. Elle avait fait partie des groupes de M.Gurdjieff. Elle chantait tous les chants que j'entendais quand nous allions en Israël. Elle me touchait énormément. Je lui ai proposé, avec un ami, de la raccompagner à Toronto.

Nous sommes arrivées un vendredi soir, soir de shabbat ; j'avais l'impression d'être dans n'importe quelle maison un peu religieuse de Tel-Aviv. J'ai fait connaissance avec sa mère et ses fils. D'un seul coup, j'ai réalisé que cette femme n'était pas venue chercher la guérison de son corps, mais celle de son coeur ! Elle venait découvrir qu'on pouvait l'aimer ! Que des inconnus, des étrangers n'allaient pas la rejeter, qu'ils pouvaient au contraire l'accueillir, faire preuve d'hospitalité et de dévouement. Voilà ce qu'elle était venue chercher en Chine. Elle nous a quittés quelques semaines plus tard. Pendant les dernières semaines de sa vie, tout le monde lui téléphonait, continuait à lui témoigner son amour et son soutien. Jusqu'alors, elle voyait l'autre, l'inconnu, l'étranger, surtout comme une menace : il était celui qui vous rejette, qui vous expulse, qui vous enferme dans des camps. Elle a pu transmettre une autre image à ses fils : l'étranger est aussi celui qui vous reçoit, vous accueille, vous aide, vous soutient, vous montre de la sympathie," gratuitement, sans rien attendre en retour.

Je vous ai raconté ces deux histoires pour vous dire que la vie nous réserve de bonnes surprises, riches d'enseignement, mais que, pour cela, il faut savoir se fourvoyer dans une course de motos ou dans un voyage en Chine.

Ce chemin spirituel, nous devons l'humaniser, le rendre humain. Nous ne sommes pas des dieux, nous sommes là pour partager, pour échanger, pour nous accompagner mutuellement, pour montrer que c'est possible. Car si c'est possible pour moi, c'est possible pour vous. Mon parcours me permet de dire merci tous les matins : c'est la première chose que je fais en me levant, je dis merci. Etant assise là parmi vous, et voyant tout ce qui m'y a conduite, je ne changerais pas un millième de millimètre à toute ma vie. Avec tout ce que j'ai vécu, les désordres et les ordres, les plaisirs, les souffrances, les frustrations, les manquements, mes faiblesses... Il n'y a rien à changer. Je ne regrette rien. Je suis contente. Cette gratitude est bonne à partager. Vous faites un cadeau à vos amis quand vous témoignez que, quoi qu'il vous soit arrivé dans la vie, vous en êtes contente et vous pouvez dire merci.

Aujourd'hui je sais que rien n'est acquis et qu'il n'y a rien à perdre. Aucune situation n'est définitive et il faut toutes les accompagner. Dans le partage, dans le fait de reconnaître qu'on a besoin d'aide, dans le fait d'oser demander, on apprend l'humilité. Et être humble, c'est occuper sa place, ni plus, ni moins. Dans la relation consciente à l'autre, d'abord, et plus encore depuis le départ d'Yvan, j'ai dû faire tout un chemin vers moi, pour oser être moi.

 

 

* Note : Nous avions reçu Chandra Swâmi à Hauteville quelques jours auparavant, du 3 au 5 juin.